Lundi 13 juin 2011 1 13 /06 /Juin /2011 14:40

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Quatrième de couverture : " Vendredi soir, j'étais invité à une soirée chez un collègue de travail. On était une bonne trentaine, rien que des cadres moyens âgés de vingt-cinq à quarante ans. A un moment donné, il y a une connasse qui a commencé à se déshabiller. Elle a ôté son T-shirt, puis son soutien-gorge, puis sa jupe, tout ça en faisant des mines incroyables. Elle a encore tournoyé en petite culotte pendant quelques secondes, et puis elle a commencé à se resaper ne voyant plus quoi faire d'autre. D'ailleurs c'est une fille qui ne couche avec personne. Ce qui souligne bien l'absurdité de son comportement. " Ainsi débute l'odyssée désenchantée d'un informaticien entre deux âges, peu convaincu de l'intérêt de son métier, jouant toutefois son rôle en observant les mouvements humains et les banalités qui s'échangent autour des machines à café. L'installation d'un progiciel en province lui permettra d'étendre le champ de ses observations, d'anéantir les dernières illusions d'un collègue - obsédé malchanceux - et d'élaborer une théorie complète du libéralisme, qu'il soit économique ou sexuel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon avis : Si le protagoniste d'extension du domaine de la lutte devait prendre forme, sans doute irait-il se terrer dans ce tableau : Nighthawks d'Edward Hopper, prenant la place de l'homme seul, accoudé au bar. Mais à la différence de cet homme de dos, dans le tableau, qui ne nous dit rien de bien précis sur son existence, le protagoniste du roman de Houellebecq décide de communiquer et d'entraîner le lecteur dans les méandres de sa misérable existence. Vaguement glauque, totalement pathétique et parfois véritablement cru et obscène ce premier roman  est d'abord une plongée au coeur des affres du "mal du siècle". La dépression qui ronge le protagoniste est engendrée par une solitude absolue et résignée, dans ces villes qui sont pourtant faites pour faciliter les rencontres.

 

Même si on n'adhère pas pleinement aux thèses de Houellebecq, il faut avouer qu'il sait appuyer là où ça fait mal. De ces femmes qui débatent d'ouvrages sur le développement de l'enfant en alignant des platitudes sur le fait de porter la jupe en entreprise, à ce patron, presque ému aux larmes d'apprendre qu'un homme se soit fait voler sa voiture. De l'obsession sexuelle d'un collègue, aux misérables jeux de pouvoirs au sein de l'entreprise. Du ridicule de la société de consommation à la nécessité de se trouver une marotte, un hobby pour donner un sens à sa vie.

 

 

 

 

 

 

 

La lecture de ce roman est certes étouffante mais également réjouissante. Les personnages bourrés de connerie le peuplant sont les justes reflets d'une époque où, l'ubuesque et le pathétique sont si présents, qu'on ne les décèle presque plus. 

 

Par Antoine G. - Publié dans : Littérature - Communauté : Mes livres préférés
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