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Dans une chronique, il y a quelque jours, Eric Zemmour qualifiait l'écologie de "religion de substitution" dans un Occident déchristianisé.
Claude Allegre, quant à lui, dénonce carrément ce qu'il nomme "l'imposture climatique".
Enfin, Nicolas Sarkozy change de ton vis-à-vis de l'écologie et repousse aux calendes grecques la taxe carbone.
Point commun entre toutes ces prises de postion?
Elles sont toutes des signes indicateurs d'une expression d'un ras-le-bol décomplexé de l'écologie. Ras-le-bol que l'écologie monopolise le devant de la scène médiatique, qu'elle occulte d'autres problématiques ou simplement ras-le-bol de l'omerta écologique : que l'on ne puisse pas prendre position contre l'écologie un instant sans se voir traiter de salaud capitaliste.
Certes, l'omerta entourant la question de préservation de la nature est tout sauf démocratique. Mais ce n'est pas seulement cette loi du silence qui pose problème. On conçoit l'écologie comme une préoccupation qui s'est insinuée dans nos vies depuis quelques années (tout au plus quelques dizaines ) et dont on subi de manière croissante la chape de plomb. Chape de plomb constituée de gestes quotidiens qu'on nous impose, d'une pensée unique à laquelle on n'a d'autre choix que d'adhérer et même pourquoi pas de sacrifices financiers (la fameuse taxe carbone) ! Donc, en gros l'écologie serait née ces dernières années puisque qu'elle n'a d'incidence dans nos vies depuis très peu de temps.
C'est avoir la mémoire courte. Le problème du rapport de l'homme à la nature est vieux comme le monde. Depuis les révolutions industrielles successives, l'homme a acquis les moyens de se rendre tout à fait "comme maître et possesseur de la nature" selon la formule de Descartes.
Cette relation de servitude de la nature à l'homme; la faculté de ce dernier de détruire son écosystème inquiète les savants depuis belle lurette. Ces derniers décomptent, avec horreur et effarement un nombre croissant d'espèces animales s'éteindre depuis le XIX ème siècle. En même temps que les biologistes découvraient l'extraordinaire biodiversité terreste, iles prenaient conscience de sa fragilité.
Déjà, il ya a 141 ans, Jules Verne, dans 20 000 lieues sous les mers déclarait que "l'acharnement barbare et inconsidéré des pêcheurs feraient un jour disparaître la dernière baleine de la mer".
Si les consciences ne se sont reveillés et les gouvernements n'ont décidé de passer à l'action que ces dernières années, le souci de préservation de la nature a, quant à lui, de profondes racines.
Il ne faut donc pas blamer ceux qui aujourd'hui se démènent pour sauver la planète mais plutôt ceux qui, par procrastination ou aveuglement, n'ont rien fait pendant des décennies.
Non vraiment l'écologie ne date pas d'aujourd'hui!
1976.
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